« T’as pas sorti les poubelles ? Tu devais pas étendre le linge ? » Qui n’a jamais connu de conflits au sein de son couple avec comme point de départ la répartition des tâches ménagères ? Encore aujourd’hui, les femmes continuent à prendre en charge la majeure partie des tâches domestiques et parentales.

Que ce soit dans la vie professionnelle, familiale ou scolaire, les stéréotypes sur la place respective des femmes et des hommes restent tenaces. Une femme doit rester au foyer pour s’occuper des enfants et de la maison pendant que l’homme travaille… Ce stéréotype est encore très ancré dans la société française et européenne même s’il a tendance à s’estomper.

Quel est l’avis des françaises sur la répartition des tâches ménagères ? Par rapport aux autres pays européens, sommes-nous plus inégalitaires au sein de nos foyers ? Quelles sont les tâches les plus évitées par les hommes ?

Nous avons tenté d’y répondre à travers cette enquête menée auprès d’un échantillon de 5 026 personnes, représentatif de la population européenne. Les Allemandes ! Les Italiennes ! Les Espagnoles ! Les Anglaises et les Françaises âgées de 18 ans et plus. Elle a été réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 15 avril 2019.

Les Européennes en font plus que leur conjoint !

Depuis toujours, les femmes s’occupent du foyer et des tâches ménagères. Aujourd’hui encore, et dans de nombreux pays, l’implication des femmes dépasse celle des hommes. En Italie, ou la culture machiste est encore bien ancrée, 69% des femmes estiment faire beaucoup plus que leur conjoint, suivi de près par les Espagnoles (44%) et les Françaises (44%). Ainsi, en moyenne 75% des Européennes sont plus actives au sein du foyer, plus particulièrement les femmes gagnant moins de 1000 euros par mois.

“La question de la répartition des tâches est un symptôme du privilège des genres, privilège masculin. Malgré le développement d’un idéal du couple plus égalitaire dans la matière, les pratiques montrent toujours une force d’inégalité entre les deux sexes”  François Kraus, Directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle »

infographie taches ménagères couple consolab

Stéréotype ou simple réalité, 73% des femmes réalisent plus de tâches ménagères que les hommes. Mauvaise éducation ou tout simplement mauvaise équité, 53% des femmes gagnent beaucoup moins bien que leur conjoint alors qu’elles estiment en faire beaucoup plus.

“Globalement on observe que plus les femmes ont un revenu faible, un statut social modeste, moins elles sont en situation de pouvoir négocier et de contraindre leur conjoint de faire les tâches domestiques.” François Kraus, Directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle »

2. infographie taches ménagères couple consolab - Ifop - Les Françaises, les Européennes et les tâches ménagères dans le couple !

L’étude Ifop révèle également qu’en moyenne 48% des femmes déclarent se disputer avec leur conjoint au sujet des tâches ménagères. La jeune génération (les moins de 30 ans) plus décidée à rompre les inégalités, sont 30% à ne pas s’entendre sur la répartition des tâches ménagères. A ce sujet, les hommes sont d’accord avec les femmes et affirment à 42% se disputer avec elles pour cette raison.

3. infographie taches ménagères couple consolab - Ifop - Les Françaises, les Européennes et les tâches ménagères dans le couple !

4. infographie taches ménagères couple consolab - Ifop - Les Françaises, les Européennes et les tâches ménagères dans le couple !

Réaction du conjoint face aux différentes tâches ménagères

A la question “est-ce que ton homme sort les poubelles ?” les femmes peuvent s’estimer heureuses : 75% d’entre elles ont un conjoint qui s’exécute sans rechigner. Il en est pratiquement de même pour le fait de faire vaisselle ou de ranger la vaisselle après lavage (60%).

Quand il s’agit d’éviter une tâche, les hommes sont nombreux à choisir d’éviter la corvée des courses même s’ils les effectuent tout de même pour la plupart (28%).

Rejeter une tâche ? La majorité des hommes (71%) refuse de faire le repassage !

“Pour certaines femmes, c’est un certain attribut de féminité que d’avoir un intérieur propre. Une maison sale, ou mal entretenue, peut donc être vécu comme une remise en cause de leur identité” François Kraus, Directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle »

5. infographie taches ménagères couple consolab - Ifop - Les Françaises, les Européennes et les tâches ménagères dans le couple !

Dans la catégorie des mals aimés on retrouve également le tri du linge et la corvée de la machine qui ne sont jamais fait par 1 homme sur 2 ainsi que le nettoyage des sanitaires.

Lorsqu’il est question de savoir qui est responsable des achats d’électroménagers dans le foyer, on constate que la majorité des femmes (73%) sont à l’origine de l’achat de la machine à laver. Pas étonnant lorsque l’on sait qu’1 homme sur 2 n’y touchera jamais.

Sans surprise, l’aspirateur vient en deuxième place : 71% des femmes sont responsables de son achat. On constate notamment que les ouvrières sont d’autant plus chargées de l’achat de l’aspirateur (88%).

Plus précisément, aujourd’hui 2 femmes sur 3 sont responsables de l’achat du four et des plaques électriques, elles sont légèrement moins nombreuses pour le lave vaisselle (62%) et le frigo (60%). On constate ainsi que les hommes s’investissent moins dans les tâches ménagères mais également dans l’achat de l’électroménager du foyer.

“Au regard de l’impact négatif que peut avoir la prise en charge essentielle des femmes dans les tâches ménagères, la participation la plus égale possible des hommes est essentielle s’ils veulent conserver une relation de couple avec du désir, de l’affection et une vie sexuelle épanouissante.” François Kraus, Directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle »

6. infographie taches ménagères couple consolab - Ifop - Les Françaises, les Européennes et les tâches ménagères dans le couple !

Vous pouvez télécharger les résultats complets de l’enquête via ce lien cliquable

Également l’Interview ifop consolab francois kraus, Directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle » à l’Ifop.

Investigation réalisée et certifiée par la rédaction FLASHS.